La propreté est l’absence de salissure, incluant poussière, tache, et mauvaise odeur. On peut distinguer propreté physique (élimination des salissures), propreté chimique (élimination des résidus de détergent), propreté biologique (élimination des micro-organismes). La propreté permet d’obtenir des propriétés particulières de certains matériaux, par exemple pour obtenir la transparence des vitres. (Source Wikipedia)
La destruction, la dégradation ou la détérioration d’un bien appartenant à autrui est punie de deux ans d’emprisonnement et de 30000€ d’amende, sauf s’il n’en est résulté qu’un dommage léger. Le fait de tracer des inscriptions, des signes ou des dessins, sans autorisation préalable, sur les façades, les véhicules, les voies publiques ou le mobilier urbain est puni de 3750€ d’amende lorsqu’il n’en est résulté qu’un dommage léger. (Article 322-1 du Code Pénal)
Cette loi, sous différentes formes, se retrouve dans la plupart des codes pénaux des pays du mondecivilisé. Le monde civilisé, c’est l’endroit où l’on autorise souvent le vote, le mariage, la justice, la police, la répression, la prison à vie, la peine de mort, le permis de conduire, les voitures qui consomment 15 litres aux 100, les gaz à effets de serre, les avions, le kérosène, les parcs d’attraction, les mines anti-personnels, la bombe atomique et les sardines en boîte.
Si l’on se réfère aux deux articles simultanément, nettoyer un mur sur la voie publique pourrait être illégal dans le monde civilisé. Et absurde. Un peu. Sao Paulo est la plus grande ville du Brésil. L’agglomération compte plus de 11 millions d’habitants. Et seulement 5 lignes de métro. Les paulistains se déplacent donc essentiellement en voiture. Pour ce faire, à disposition, il y a plusieurs centaines de kilomètres de route qui filent tout droit, à gauche, à droite, à sens unique, à double sens, sur un pont, sous un tunnel. Parmi lesquels le Max Ferrer tunnel, qui fait la jonction en Avenida Europa et Cidade Jardim. C’est justement là qu’Alexandre Orion décide de se promener, un rideau blanc déchiqueté sous le bras, le 13 juillet 2006. Joli métissage franco-brésilien, beau brun ténébreux, la trentaine épanouie, Alexandre est diplômé des Beaux-Arts. Actif sur la scène Graffiti brésilienne depuis 95. Pour manger et payer soin loyer, il est illustrateur pour divers magazines locaux. Photographe autodidacte, il aime à mettre en scène ses oeuvres picturales avant de les immortaliser. Et, depuis le 13 juillet 2006, il s’adonne à la pratique du frottis-frotta mural. OSSARIO. ART LESS POLLUTION. À l’aide de chiffons et de son index, il va, petit à petit, nuit après nuit, nettoyer la suie accumulée sur les parois du tunnel pour mettre en relief ce qu’on peut lire sur tous les murs de toutes les grandes métropoles du monde civilisé. Ça sent la mort. Le temps d’un battement de cil, les regards sont tournés vers ces longues artères sans vie, suintantes & répugnantes, qui jalonnent - défigurent? - les paysages urbains. 160 mètres de fresque partiellement propre.
À Sao Paulo, immense métropole du monde civilisé, nettoyer un mur n’est pas un délit. La pollution, oui. L’honneur est sauf.