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Forte impression. Les images ci-dessus font forte impression. Et elles sont… réservées à un public averti
Une. Bombe. 

C’est qui le mec ?

Jonas Akerlund. C’est le nom de l’homme qui a réalisé cette vidéo en 1997 pour illustrer le morceau “Smack my Bitch Up” du groupe anglais The Prodigy, tiré de l’album The Fat of The Land sorti la même année. Akerlund eut l’idée de cette vidéo - ô surprise - un soir de beuverie où il traînait dans les rues de Copenhague avec ses petits camarades. 
Jonas est suédois. Il a commencé sa carrière en 1983 comme batteur d’un groupe de Metal, Bathory. Dès 1988, il réalise un premier clip mais ce n’est qu’au début des années 90 qu’il commence à se faire un nom en réalisant des clips pour Roxette. Il a depuis travaillé avec Sinclair, Moby, Madonna, Jamiroquai et bien d’autres. Il a également réalisé un premier long-métrage en 2002, Spun (inédit en France) sur un jeune homme qui semble avoir un gros problème de dépendance aux amphétamines. En octobre 2005 est sorti en DVD un documentaire de 2 heures réalisé par Akerlund, I’m going to tell you a secret, sur la tournée 2004 de Madonna, The Re-Invention Tour

Une. Bombe.
Malheureusement, peu d’informations sur les conditions de tournage du clip. Malgré tout, après maints visionnages, recherches & recoupements, la rédaction intergalactique est en mesure de livrer quelques anecdotes que les fidèles lecteurs de Poirpom pourront aisément narrer lors de cocktails dînatoires et ainsi divertir l’auditoire. 
Sur le CD-R inséré dans le lecteur au début du clip apparaît la mention “Dirt Chamber”. Celle-ci fait référence au studio personnel du DJ de Prodigy, Liam Howlett. Ce terme sera également utilisé deux ans plus tard par Howlett pour un album, The Dirtchamber Sessions Vol. 1, qui fera suite à la diffusion d’un mix dans Breezeblock, l’émission radio de Mary Ann Hobbs sur BBC1. 
Le tatouage - factice - qui orne la chute de reins de la strip-teaseuse est une fourmi, logo du groupe à l’époque. 
Cette chute de reins (auparavant couverte d’une magnifique robe à motif léopard un peu trop serrée) est celle de Teresa May, modèle de charme et actrice de films pour adultes (et pour adolescents en pleine découverte de leurs super-pouvoirs). 

Réservé à un public averti
Après avoir visionné la bande, Prodigy a exprimé son mécontentement. Le groupe n’était pas… convaincu. Ce n’est que quelques semaines plus tard, en discutant avec leur entourage socioprofessionnel au sein de XL recordings, que les membres se décidèrent à utiliser la vidéo. 
Ensuite, ce sont les différentes chaînes de télévisions en possession de la bande qui n’étaient pas convaincues. Souvent, la première réaction des directeurs de programmation était : “Je… Le problème… Je ne suis pas sûr…” 
Bégaiements confortés par différents comités & lobbies anti-dérapages qui n’hésitèrent pas à clamer haut et fort : “Mmh…euh… mais… m’enfin… NON!” 
La National Organisation for Women, comité de défense des droits de la femme, exprima clairement que les paroles de cette chanson étaient “un message dangereux et agressif, valorisant la violence envers les femmes.” 
Ces protestations ont eu plusieurs conséquences sur cette vidéo. 
La première, et non des moindres, fut de subtilement revoir le montage. Trois coupes au total pour arriver à la version “officielle” (présentée ci-dessus) : 

  • dans les toilettes du club, la protagoniste invite cordialement un gentleman anglais à quitter le cabinet de toilettes pour s’administrer une injection de drogue dure par voie intraveineuse (d’où l’accentuation des rotations et déformations de l’image au sortir dudit club pour noyer la coupe);
  • lors de la promenade romantique en voiture, la protagoniste percute de plein fouet un piéton insouciant et distrait. Mais notre héroïne, brûlante de désir pour sa récente conquête, poursuit sa route;
  • pour la scène finale, le réalisateur avait originellement tourné et monté un plan de la jolie blonde, amatrice de virées nocturnes, langoureusement étendue sur ses draps de satin. Qui, couplé au plan dans le couloir, étaient les deux seuls plans dont le point de vue n’était pas celui de la donzelle. Il semblerait que ce soit Akerlund qui ait décidé de profiter de l’occasion de la censure pour revoir son montage.
La deuxième conséquence fut que le clip, lorsqu’il n’était pas tout simplement interdit, n’était diffusé qu’à des heures tardives. Ainsi MTV ne le diffusait qu’entre 1h et 5h du matin. 
Ce n’est qu’en 2002 que la chaîne MTV2, lors d’une soirée spéciale consacrée aux clips les plus controversés, diffusa le montage original.


À aucun moment pourtant, ces spectateurs privilégiés soucieux de protéger les yeux & oreilles chastes ne s’en sont pris aux qualités filmiques de cette objet audiovisuel. 
Cela eut été bien difficile. 
La qualité du montage tout comme le mixage qui ne vient pas dénaturer le morceau mais le mettre en scène font de ce clip non pas une illustration mais bien une création à part entière. Avec une identité forte.
Un concentré de bonnes idées. 

message dangereux & agressif
Prodigy n’est pas l’auteur de la satanée phrase, source de tant de mots & borborygmes. 
Change my pitch up, Smack my bitch up.
Il s’agit d’un sample tiré d’un morceau de 1989 des Ultramagnetic MC’s (groupe de rap américain): “Give the Drummer some” (tiré du premier album, Critical Beatdown). La satanée phrase apparaît dans le premier couplet - chanté par Kool Keith. Celui-ci a d’ailleurs participé à la composition & à l’enregistrement d’un autre morceau de Prodigy sur The Fat of The Land, “Diesel Power”. 
“Give the Drummer some” apparaît sur le mix de Liam Howlett pour Breezeblock, The Dirtchamber Sessions Vol. 1.

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