Fornication Under the Command of the King.
Les étymologies, vraies ou fausses, de ce mot, sont délicieuses. Et les homonymies tout autant…
L-fuculokinase, abrégée FucK, est une enzyme servant de catalyseur à une réaction chimique. De la famille des phosphotransférases.
Personne ne sait ce que cela signifie.
Fucking est un petit village de 150 habitants situé en Haute-Autriche. Adoré des touristes anglophones. Ce trou du cul du monde porte ce nom depuis 1070 et le tient d’un personnage nommé Focko. Le panneau signalant l’entrée du village est le plus volé d’Autriche. Depuis 2005, le poteau est planté dans une dalle de béton. Et depuis août 2009, des caméras de surveillance filment le panneau en permanence.
Mais Fuck sert aussi à envoyer les gens paître. Considéré comme outrageusement vulgaire par les anglo-saxons.
Plus classique.
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31.12.09
Updating…
before@home
Proposition de décollage en douceur. En comité réduit. A chaque arrivée de convive, une nouvelle saveur.
Fred K et i-Soon arrivent en avance. Vin blanc et Napolitain 3 chocolats de Lu© en sachets individuels. Douce décompression. Les premiers éclats de rire donnent le ton.
Pitt déboule. Saucisson au poivre et une bouteille de vin dans un sac trop grand.
Il y avait du champagne aussi. Croisé des mecs assoiffés dans le métro. Super sympas. Sifflé la bouteille avec eux en vingt minutes à Châtelet. Reste le rouge.
Les corps s’affaissent sur le canapé, les bras et les jambes s’étirent sur les chaises.
Axl sonne, entre, se dessape et s’installe. Chartreuse. De la tisane à 55°. Humour 0°. Un p’tit Jésus en culottes de velours et en santiags. Chaque verre servi comme du jus de fruit. Ravageur.
S’il en reste, elle pourrait faire le voyage jusqu’à la teuf, non?
Mél-O atterrit, chargée comme une mule. 47 raviolis frits au crabe dans un bol grand comme une piscine olympique. Pourquoi 47?
Parce que.
Salvateurs. Savoureux. Savourés.
Toute soirée a son thème. Pas la politique, pas la religion. On ne sera jamais d’accord.
Tout le monde est d’accord. Rire.
Tolkien, rire. Asimov, rire. Sharon Stone dans Casino, rire. Avatar, rire. Etc. Rire.
47 raviolis frits plus tard, un bouchon saute. Champagne. Se boit comme du p’tit lait un matin d’été. Frais et réconfortant.
Deux sauts de bouchon plus tard, motivation soudaine et collégiale. La Chartreuse est morte. Elle ne sera pas du voyage.
Sinusoïdes jusqu’au métro. Sur les strapontins s’installe un gimmick.
Il va neiger demain, tu sais?
47 fois en 26 minutes de trajet. Pourquoi 47?
Parce que.
Le verre de champagne emporté tiendra jusqu’à la correspondance à Répu. Exploit d’équilibriste.
teuf@pantin
Arrivée sur site à 23h56. Trois-pièces refait à neuf avec vue sur station Vélib’. Participation Aux Frais: Absolut© Bondage. Le temps de tomber la veste et le compte à rebours démarre. Puis explosion de joie d’inconnus. Bises aux barbus, accolades aux blondes, mains aux fesses de tout le monde. Toute soirée a son thème. Permissive.
Tout le monde est d’accord. Rire.
Mél-O a biberonné trop vite trop fort. Elle perd gentiment pied. Pitt, samaritain du soir, l’accompagne délicatement dans sa descente. L’escorte aux toilettes, la dépose auprès des autres échoués qui s’accumulent, lui tient la main tandis qu’elle rêve.
Dans la pièce d’à côté, trois vodka et un rhum plus tard, le monde devient couleur et son.
Un gimmick s’est incrusté.
Et kess tu vas faire? Tu vas m’taper?
Chaque coup d’épaule donne lieu à une parodie d’agressivité en environnement festif. Barres de rire assurées.
Sans s’en apercevoir, des choses insignifiantes se passent. Pitt a lâché la main de Mél-O. Après effondrement, le reste du chemin se fait seul(e). Il entame alors une longue et riche conversation de quarante secondes sur le cinéma turc avec un chevelu. i-Soon se fait chatouiller la langue par une demoiselle. Pas lesbienne mais qui adore les jolies brunes typées comme i-Soon. Son bien aimé, Fred K, bouillonne de l’intérieur, serre les dents mais sourit des lèvres. Pitt, accoudé sur son épaule, dégouline de rire devant sa décomposition faciale.
Détour par l’étage du dessus avec Pitt. Deuxième soirée en parallèle. Veillée mortuaire. Sans musique, sans fleur et sans cercueil. Mais une sacrée collection de tête de morts.
Ils ont de la nourriture mais ils n’en donnent pas. Ils n’ont rien à boire mais ils ont des verres. Mais ils n’en donnent pas. De veillée mortuaire à mausolée…
Discussion, en VO non sous-titrée et sans intérêt, avec un mexicain polytechnicien.
Fin de l’interlude à l’étage.
Dessous, la tachycardie perdure. En apparence.
Soudaine pause pour contempler les lieux. La foule se fait moins dense. Les bouteilles se terminent, les chaleureux s’acoquinent, les danseurs s’épuisent et les épuisés s’effondrent. Le parquet de l’appart’ refait au caramel. Echange de regards avec Pitt.
On dégage.
after@ratp
Les néons lacèrent les visages. Les odeurs tailladent les narines. La surpopulation réduit les espérances.
Muet, le sourire en coin, Pitt balaye du regard d’un côté, soutient Mél-O de l’autre. Et le premier mendiant de l’année fait son entrée en scène. Il a un travail, un salaire qui tombe dans quelques jours et des difficultés pour survivre et rester propre d’ici là.
Ouais! Moi aussi j’ai un travail et j’attends mes thunes, kess tu crois?
Intervention anonyme et destructrice lorsqu’une coupure d’électricité pour cause d’usagers sur les voies met tout le monde à égalité. Extinction des feux et soupirs d’exaspération. Mais l’artiste a faim et continue à ramer pour essayer de survivre. Il sort bredouille quelques minutes plus tard.
dead@home
Les cendriers dégueulent. Les cadavres fanfaronnent sur la table.
Coca, thé, eau… Tout ce qui réhydrate, désaltère, ressuscite, est sifflé à pleines gorgées. Dernière cigarette pendant les derniers bavardages.
Accolades. Bonne année.
Effondrement général.
Un vendredi soir. A l’approche des douze coups d’une heure indécente, une tonne de branleurs déboule, sur la pointe des pieds, rue Terre-Neuve, dans le 20ème. Quartier résidentiel parisien. Tranquille. Silencieux. Surtout à cette heure indécente.
Autorisation de dire des conneries mais en chuchotant. Chacun une lettre. Il y a des repères au sol. Tout le monde garde sa loupiote éteinte jusqu’au signal. Quel signal? QUEL SIGNAL?
Chuuuut.
Mille kilos de barbaque plus ou moins trentenaire ne comprend rien à rien. Et patiente. Dans le froid. Comme des cons.
Mateo, a.k.a. Barbaque en chef, est au téléphone. Il a monté toute l’opération. Briefé la tonne par mail puis à l’oral à nouveau. Préparé les marquages au sol plutôt dans la soirée. Organisé la diversion au théâtre. Dans le seul et unique but de faire marrer un mec. Jou. Son meilleur pote.
Diversion théâtrale
Avec Mateo, M-ee-Lee et Jou. Spectacle de Francky O. Right à l’Européen. Un clown déglingué ravagé par les films de gangster. Alcool, came, cul… tout y passe. Au bout de quinze minutes, le mec est en tenue d’Adam sans la feuille de vigne au milieu de la scène. Avec son zguègue qui dessine des arabesques.
Le gars Francky carbure au speedball. Mélange cocaïne héroïne.
120 minutes à 200km/h. Moment poétique inclus.
J’suis vanné. On va plutôt boire un verre chez toi?
M-ee-Lee, en route pour les Oscars, joue les matous paresseux. Jou ne résiste pas à l’appel de la douceur.
Avec Mateo, dans un souffle, ricochet en bécane jusqu’à chez lui. Où la tonne de barbaque attend bien sagement.
Heure indécente
Brief oral. Distribution de petites lampes. Attribution d’une lettre par personne. Et personne ne comprend rien à rien.
Courte marche jusqu’à Terre-Neuve. Placements et répétitions foireuses et chuchotées.
Mateo, a.k.a. Barbaque en chef, est au téléphone. Avec M-ee-Lee. Chargé de maintenir Jou opérationnel jusqu’à ce que tout le monde soit prêt. Elle le catapulte à la fenêtre de son appartement haut perché. Une brochette de branleurs est plantée dans sa rue. Bras tendu, une loupiote à la main. Chacun sur une marque.
Jou, sur les conseils de la prétendue paresseuse, s’équipe en un éclair.
Appareil, trépied, réglage d’exposition. Cliiiic…
Tout cela ressemble à un signal.
Il y a des repères au sol. Chacun une lettre. Vingt secondes durant, les branleurs proposent une chorégraphie chaotique. Et chantent à tue-tête. Dans un quartier résidentiel parisien. Tranquille. Silencieux. Surtout à cette heure indécente.
… Clac.
Coude à coude
Distribution de cotillons, serpentins et sarbacanes. Et chapeaux pointus.
Cinq étages sans ascenseur. Champagne et jus de raisin dans toutes les besaces. Herbes de Provence dans quelques chaussettes.
Entrée fanfaronnante dans un salon-cuisine-salle-à-manger-dancefloor de 10m². Pour une tonne de branleurs.
La suite n’est que douce folie nocturne. En jouant des coudes.
HAPPY BIRTHDAY, Jou.